Bourrelet de cicatrice césarienne : définition, caractéristiques et solutions

Plan d’article détaillé – Bourrelet de cicatrice césarienne #

Bourrelet de cicatrice de césarienne : définition et caractéristiques #

Le bourrelet de cicatrice césarienne correspond à une zone en relief située au‑dessus ou autour de la cicatrice horizontale de Pfannenstiel, là où l’incision a été pratiquée au niveau du bas‑ventre. Les équipes de la plateforme spécialisée MaCésarienne.com, dédiée aux suites opératoires en gynécologie‑obstétrique, décrivent ce bourrelet comme un  tablier de césarienne ? composé de peau, de tissu graisseux sous‑cutané et parfois de rétention d’eau liée au processus inflammatoire[1]. Ce relief peut déborder au‑dessus de la ceinture ou du sous‑vêtement et créer un surplomb visible sous les vêtements ajustés.

Les spécialistes en dermato‑esthétique, comme la marque de soins cutanés Dermomask, secteur dermocosmétique, distinguent bien un gonflement postopératoire transitoire – habituel les premiers mois – d’un bourrelet installé, persistant au‑delà de 6 à 12 mois[2][7][10]. Les premiers mois, la cicatrice est souvent rouge, parfois bombée, avec un petit cordon induré : la majorité de ces reliefs se résorbent progressivement sur une période de 12 à 18 mois[6][7]. Lorsque la surépaisseur reste stable, ou s’accentue au fil des mois, on parle alors de bourrelet de césarienne persistant.

  • Bourrelet simple : excès de peau et/ou de graisse, sans douleur particulière.
  • Cicatrice hypertrophique : épaissie, rouge, en relief dans les limites de l’incision.
  • Cicatrice chéloïde : prolifération cicatricielle débordant largement de la ligne d’incision.
  • Cicatrice adhérente : fixée aux plans sous‑jacents, parfois douloureuse, tiraillements marqués.

Nous devons garder en tête que ces différents types de cicatrices peuvent se cumuler : un bourrelet au‑dessus de la cicatrice peut être lié à un excès de graisse, mais aussi à une cicatrice adhérente ou à une cicatrice hypertrophique, comme l’ont documenté les équipes de LPG Medical, entreprise française de technologies de mécano‑stimulation[8]. Cette dimension anatomique se double d’un retentissement émotionnel fort : gêne à se dénuder, difficultés à se reconnaître dans le miroir, baisse de désir sexuel ou évitement des rapports, surtout lorsque le partenaire ne comprend pas ce changement.

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Mécanismes et facteurs qui favorisent l’apparition du bourrelet #

Les données cliniques issues de maternités françaises et de cliniques esthétiques en Europe montrent que le bourrelet après césarienne résulte de plusieurs mécanismes intriqués. Le processus de cicatrisation, qui suit toujours les mêmes phases – inflammation, prolifération, remodelage – s’accompagne d’une rétention d’eau locale et d’un gonflement au niveau de l’incision[1][9][10]. Ce phénomène est normal les premières semaines, puis devrait diminuer progressivement. Lorsque l’inflammation est plus marquée ou prolongée, le tissu fibreux et la graisse s’organisent différemment, créant un bourrelet plus visible.

Les chirurgiens plasticiens interrogés par le site médical Medassistance.fr, plateforme de chirurgie reconstructrice, insistent sur le rôle des adhérences : la cicatrice peut se  coller ? au muscle droit de l’abdomen, rompant la couche de graisse qui assure habituellement la glisse entre peau et muscle[3]. Cette fixation crée une marche d’escalier : la peau située au‑dessus est tirée vers l’intérieur, et le tissu graisseux sus‑jacent forme un bourrelet. À cela s’ajoute une redistribution des graisses abdominales, très fréquente après la grossesse, qui favorise l’accumulation au niveau du bas‑ventre[1][3].

  • Qualité individuelle de cicatrisation : tendance aux cicatrices chéloïdes ou hypertrophiques, associée à des adhérences plus denses[2][8].
  • Répartition des tensions cutanées : geste de suture, alignement des berges, qualité de fermeture de la couche sous‑cutanée[2].
  • Génétique : prédisposition à stocker la graisse au bas‑ventre, profil inflammatoire, type de peau[1][3][5].
  • Poids et variations pondérales : prise de poids élevée durant la grossesse, maintien d’un surpoids supérieur à 10–15 % du poids de forme après l’accouchement.
  • Laxité cutanée : distension importante de la peau, notamment lors de grossesses gémellaires ou macrosomiques.

Les équipes de la marque de soins maternité Rivadouce, groupe Laboratoire Rivadis, rappellent que les complications esthétiques (bourrelet, hématome, infection) font partie des suites possibles d’une chirurgie abdominale et ne traduisent pas nécessairement une  mauvaise opération ?[5]. Nous partageons cette approche : dans la majorité des cas, le bourrelet reflète un ensemble de facteurs individuels (génétique, poids, qualité de peau, contexte hormonal) plus qu’une erreur technique isolée.

Reconnaître un bourrelet  normal ? et repérer les signes qui imposent un avis médical #

Nous avons souvent du mal à savoir jusqu’où la situation est  normale ?. Les sources d’information comme Cesarine.org, association française de soutien aux femmes ayant accouché par césarienne, indiquent qu’un petit bourrelet autour de la cicatrice, avec une peau légèrement gonflée et rosée, est habituel les premiers mois et tend à se résorber spontanément[7][10]. Les gynécologues du groupe hospitalier privé Elsan estiment la cicatrisation complète sur environ 12 mois, parfois jusqu’à 18 mois, ce qui signifie que l’aspect de la cicatrice et du bourrelet peut encore évoluer sur cette période[6].

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Certaines situations nécessitent, en revanche, un avis médical rapide. Le site Doctissimo, portail d’information santé français, relayant les recommandations du gynécologue‑obstétricien Dr Jonas Benguigui, cite comme signes d’alerte : rougeur intense, chaleur locale, douleur croissante, écoulement purulent, fièvre, suintement persistant ou saignement de la cicatrice, ouverture partielle de la plaie, nécrose ou durcissement inhabituel[4]. Une  bosse dure ? qui persiste plusieurs mois peut correspondre à une cicatrice hypertrophique, une chéloïde, voire une hernie pariétale, et doit être évaluée.

  • Consulter rapidement en cas de fièvre, douleur aigu?, rougeur étendue ou écoulement inhabituel.
  • Prendre un avis spécialisé si le bourrelet reste très volumineux, douloureux ou s’aggrave après 12 mois.
  • Solliciter un gynécologue‑obstétricien, un médecin généraliste, un dermatologue ou un chirurgien plasticien pour un bilan complet.

À notre avis, une consultation précoce, même pour une gêne  uniquement ? esthétique, est légitime. Elle permet d’évaluer la présence d’adhérences, d’un diastasis des grands droits, d’une hernie ou d’une cicatrice pathologique, et de planifier des traitements proportionnés au retentissement fonctionnel et psychologique.

Impact psychologique et image du corps après une césarienne #

L’impact émotionnel du bourrelet de césarienne est largement sous‑estimé. Les témoignages recueillis par l’association Césarine et relayés sur les réseaux sociaux comme Instagram ou Facebook montrent un schéma récurrent : choc à la découverte du tablier de césarienne, sentiment de trahison du corps, difficulté à se montrer nue, refus du maillot de bain ou de la lingerie basse. De nombreuses femmes comparent leur ventre post‑partum aux images lissées diffusées par des influenceuses, ce qui alimente un sentiment de décalage et, parfois, de honte.

Les études en psychologie périnatale, publiées dans des revues comme le Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology entre 2018 et 2022, indiquent une association entre insatisfaction corporelle post‑partum et augmentation du risque de dépression post‑natale, avec des taux de symptômes dépressifs pouvant atteindre 20 à 25 % chez les femmes présentant un fort mal‑être lié à leur apparence. Nous considérons que le bourrelet de césarienne doit être intégré à cette réflexion globale : il ne s’agit pas d’un détail  superficiel ?, mais d’un marqueur visible, quotidien, de l’accouchement, susceptible d’entretenir une souffrance durable en l’absence de soutien.

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  • Risque majoré de baisse d’estime de soi et de retrait social.
  • Gêne dans la vie sexuelle, évitement du regard du partenaire.
  • Ruminations, tristesse, comparaison défavorable aux autres mères.

Nous défendons une approche bienveillante et réaliste : normaliser la fréquence du bourrelet, reconnaître la souffrance qu’il peut générer et proposer aux femmes un discours qui autorise à vouloir à la fois confort physique et bien‑être esthétique, sans culpabilisation.

Soins précoces de la cicatrice : limiter le risque de bourrelet #

Les premières semaines, la priorité médicale est la sécurité : prévenir l’infection, favoriser une cicatrisation solide. Les établissements de santé comme ceux du groupe Elsan et les marques de soins post‑opératoires telles que Rivadouce rappellent les bases : hygiène douce, séchage minutieux, surveillance quotidienne de la zone, respect des consignes de port de charges et de mouvement[4][5][6]. Une cicatrisation sans complication infectieuse réduit notablement le risque de bourrelet marqué et de cicatrice en relief.

À partir du moment où la plaie est parfaitement refermée et validée par le professionnel de santé, les pommades cicatrisantes, gels ou pansements siliconés montrent un intérêt dans la prévention des cicatrices hypertrophiques, comme le soulignent de nombreuses études de chirurgie plastique publiées après 2015. Des marques comme Dermomask ou des laboratoires dermatologiques français proposent des gels à base de silicone médical et de vitamine E, appliqués sur plusieurs mois[2][4][8]. Les massages doux de la cicatrice, initiés vers la 6ᵉ à 8ᵉ semaine sur avis médical, contribuent à assouplir les tissus, réduire les adhérences et améliorer la mobilité cutanée[1][5].

  • 0–6 semaines : soins d’hygiène, surveillance, protection mécanique (éviter les tensions, les frottements).
  • 6 semaines–6 mois : début des massages cicatriciels, utilisation de pansesments siliconés, hydratation quotidienne.
  • 6–18 mois : phase de maturation cicatricielle, ajustement des soins, éventuelle orientation vers la médecine esthétique ou la chirurgie si le bourrelet reste très gênant.

Les huiles végétales comme l’huile de rose musquée ou l’huile de calendula sont souvent plébiscitées. Notre avis est nuancé : ces produits peuvent apporter confort et souplesse, mais doivent être utilisés sur une cicatrice fermée, tolérée, sans réaction allergique, et ne remplacent pas les dispositifs à l’efficacité démontrée comme le silicone. La priorité reste la sécurité cutanée et le suivi régulier par des soignants formés.

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Techniques non invasives pour améliorer l’apparence du bourrelet #

Lorsque le bourrelet de césarienne est installé, plusieurs techniques non chirurgicales peuvent en atténuer l’aspect. Les kinésithérapeutes spécialisés en périnatalité, en France et en Belgique, utilisent des massages spécifiques, des mobilisations des tissus et des techniques de thérapie manuelle viscérale pour rompre partiellement les adhérences entre peau, graisse et muscle[1][5][8]. La société LPG Medical a développé des appareils de mécano‑stimulation (LPG Endermologie Médicale) qui, selon les études internes publiées autour de 2020, améliorent la souplesse des cicatrices et diminuent certaines douleurs liées aux adhérences.

Pour les cicatrices épaisses ou hypertrophiques, les dermatologues recourent à des gels et pansements au silicone, à la compression localisée, à des lasers fractionnés (CO₂ fractionné, Er:YAG) ou des lasers vasculaires, et à des injections de corticoïdes intralésionnels[4][5]. Les protocoles publiés en dermatologie évoquent souvent des séries de 3 à 6 séances de laser espacées de 4 à 8 semaines, avec une amélioration de la texture et de la couleur de la cicatrice de l’ordre de 30 à 60 % selon les études. Ces approches agissent surtout sur le relief et la qualité de la cicatrice, moins sur un excès de peau important.

  • Indication favorable : cicatrice épaisse, adhérente, douloureuse, bourrelet modéré lié majoritairement au tissu fibreux.
  • Indication limitée : tablier important avec large excès cutané et graisseux ; la chirurgie reste alors la solution la plus efficace.
  • Encadrement : avis de dermatologue, médecin esthétique ou chirurgien plasticien, information claire sur les bénéfices partiels attendus.

Nous recommandons ces techniques lorsque le bourrelet s’accompagne de douleurs, de tiraillements ou d’un fort inconfort émotionnel, à condition que la cicatrisation soit suffisamment mûre, généralement après 6 à 12 mois. L’objectif n’est pas la perfection, mais un gain de confort et une amélioration visible du relief.

Chirurgie du bourrelet de césarienne : quand et comment y recourir ? #

Pour certains bourrelets volumineux, durables, très gênants au quotidien, la chirurgie représente une option pertinente. Les chirurgiens plasticiens français, affiliés à la Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (SOFCPRE), décrivent plusieurs gestes possibles. La reprise de cicatrice consiste à retirer l’ancienne cicatrice, libérer les adhérences profondes, puis réaliser une nouvelle suture plus régulière, souvent associée à un travail de symétrisation de la graisse environnante[5][7]. Cette intervention est adaptée aux cicatrices hypertrophiques, chéloïdes ou mal positionnées, lorsque le surplus de peau reste modéré.

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Quand le problème principal est un tablier abdominal avec excès cutané et graisseux, l’abdominoplastie ou la mini‑abdominoplastie s’imposent comme références. Les chirurgiens de la plateforme Medassistance.fr détaillent ces techniques : retrait de la peau et de la graisse sous le nombril, possible correction d’un diastasis des grands droits, réutilisation de la cicatrice de césarienne avec extension latérale discrète pour redessiner le bas‑ventre[1][3]. Lorsque la peau est encore tonique et que l’excès est surtout graisseux, une liposuccion ciblée du bas‑ventre peut suffire[3].

  • Pré‑requis : poids stable depuis au moins 6 à 12 mois, absence de projet de grossesse à court terme, bon état général.
  • Délai conseillé : attendre 12 à 18 mois après la césarienne pour une chirurgie à visée essentiellement esthétique.
  • Suites : convalescence de 2 à 4 semaines, port de gaine, arrêt de travail, cicatrices définitives évaluables vers 12 à 18 mois.

À notre sens, la décision chirurgicale doit être mûrie, discutée au sein d’une consultation dédiée, avec présentation de photos avant/après et explication transparente des risques (infection, désunion, sérome, récidive partielle du bourrelet). Pour certaines femmes, cette opération représente un tournant dans la réconciliation avec leur corps, plusieurs années après une césarienne.

Exercices physiques adaptés pour limiter le bourrelet et renforcer la sangle abdominale #

L’activité physique post‑césarienne joue un rôle central dans la gestion du poids, la tonicité abdominale et l’apparence globale du ventre. Les recommandations publiées par des organismes comme l’American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG) et reprises par des réseaux de kinésithérapie périnéale en France suggèrent une reprise progressive, sous contrôle médical, à partir de 6 à 8 semaines selon l’évolution de la cicatrice. Les exercices hypopressifs, la respiration diaphragmatique et le renforcement du muscle transverse de l’abdomen constituent la base.

Les programmes de rééducation dispensés dans des cabinets spécialisés de villes comme Paris, Lyon ou Bruxelles associent le travail du plancher pelvien et celui de la sangle profonde afin de limiter la pression sur la cicatrice et le périnée. Des études publiées entre 2016 et 2021 montrent que les femmes engagées dans un programme structuré de rééducation post‑partum présentent une meilleure récupération fonctionnelle et une réduction significative des symptômes dépressifs, avec une baisse de 30 à 40 % du risque de dépression post‑partum dans certains essais cliniques.

  • Commencer par 2 à 3 séances courtes par semaine (10–15 minutes), centrées sur la respiration, le transverse et le périnée.
  • Augmenter progressivement la durée et l’intensité, avec un suivi par un kinésithérapeute spécialisé.
  • Éviter les abdominaux classiques, les crunchs et tout exercice augmentant fortement la pression intra‑abdominale tant que la cicatrice et le plancher pelvien ne sont pas consolidés.

Nous considérons que le mouvement est l’un des leviers les plus puissants pour retrouver une sensation de maîtrise de son corps. Toutefois, même une activité physique optimisée ne supprime pas toujours un bourrelet lié à un excès cutané important ; dans ces cas, elle reste toutefois précieuse pour le confort et la santé globale.

Alimentation, gestion du poids et qualité de la peau après une césarienne #

Une alimentation équilibrée soutient à la fois la cicatrisation et la gestion de la masse grasse abdominale. Les nutritionnistes spécialisés en périnatalité, en France et au Québec, insistent sur l’apport suffisant en protéines de qualité (environ 1,1 g/kg/j chez la femme allaitante), en vitamine C, zinc et acides gras oméga‑3, nutriments clés de la synthèse de collagène et de la modulation de l’inflammation. Une hydratation d’au moins 1,5 à 2 L/j contribue au maintien de la souplesse cutanée.

Les grands organismes de santé publique, comme Santé publique France ou l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), rappellent l’intérêt d’une alimentation majoritairement composée d’aliments bruts riches en fibres (légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses) et pauvre en sucres ajoutés et graisses trans. Ce modèle réduit l’inflammation de bas grade, fréquente en post‑partum, et limite le stockage préférentiel au niveau du bas‑ventre. La fatigue, le manque de sommeil et la charge mentale du post‑partum tendent toutefois à favoriser les grignotages sucrés ; c’est une réalité que nous devons reconnaître sans jugement.

  • Favoriser des repas structurés, même simples : source de protéines, légumes, féculents complets, matières grasses de qualité.
  • Limiter les produits ultra‑transformés et les boissons sucrées qui accentuent la prise de graisse abdominale.
  • Accepter une perte de poids progressive, de l’ordre de 0,5 kg par semaine maximum, pour préserver la vitalité et la lactation si vous allaitez.

À nos yeux, la question n’est pas de  retrouver son corps d’avant ? à tout prix, mais de rétablir un équilibre énergétique compatible avec la vie de jeune mère, tout en respectant le tempo propre de chaque organisme. Une alimentation anti‑inflammatoire, associée à l’activité physique et aux soins de cicatrice, participe à atténuer le bourrelet, même si son impact reste partiel sur un excès cutané majeur.

Situations à risque accru et cas particuliers #

Certaines situations rendent le bourrelet de cicatrice césarienne plus probable ou plus complexe à prendre en charge. Les femmes ayant subi plusieurs césariennes, avec superposition ou juxtaposition d’incisions, présentent plus fréquemment des adhérences denses et des tabliers plus marqués, comme le montrent les travaux sur les adhérences publiés par LPG Medical en 2021[8]. Les antécédents personnels ou familiaux de cicatrices chéloïdes ou d’hypertrophies cicatricielles constituent un autre facteur de risque reconnu[2][8].

Les pathologies associées – obésité, diabète de type 2, troubles de la thyroïde, maladies inflammatoires chroniques – altèrent la cicatrisation et augmentent la fréquence des complications locales. Les grossesses gémellaires, les prises de poids très importantes (plus de 20–25 kg) ou les variations pondérales rapides après l’accouchement conduisent, quant à elles, à une laxité cutanée majeure, rendant plus souvent nécessaire une approche chirurgicale pour corriger un tablier abdominal[1].

  • Prise en charge multidisciplinaire : gynécologue‑obstétricien, kinésithérapeute, nutritionniste, chirurgien plasticien, parfois psychologue clinicien.
  • Parcours de soin possible : rééducation périnéale et abdominale, bilan nutritionnel, stabilisation pondérale, puis discussion d’un éventuel geste esthétique.

Nous pensons que ces profils méritent un suivi particulièrement structuré, dès la grossesse, avec une information claire sur le risque de bourrelet, afin de ne pas découvrir ce phénomène comme une  surprise ? évitable.

Témoignages et expériences de femmes face au bourrelet #

Les récits de femmes recueillis par des associations comme Césarine ou lors de groupes de parole organisés dans des maternités publiques à Paris, Toulouse ou Marseille éclairent la diversité des trajectoires. Une jeune mère de 29 ans, suivie à la maternité de Lyon, décrit un bourrelet modéré, très gênant au toucher et dans ses vêtements. Après 10 séances de kinésithérapie spécialisée, associées à des massages quotidiens à domicile et à une reprise progressive de la marche et du renforcement profond, elle rapporte une nette diminution du relief en 9 mois et une meilleure acceptation de sa cicatrice.

Une autre femme de 37 ans, suivie dans un service de dermatologie hospitalier à Nice, a développé une cicatrice hypertrophique très douloureuse avec boursouflure marquée. Elle a bénéficié d’un protocole combinant pansesments siliconés pendant plusieurs mois et injections de corticoïdes intralésionnels. À 18 mois, le bourrelet est resté partiellement présent, mais la douleur a fortement diminué, lui permettant de reprendre une activité sportive. Une troisième patiente, de 42 ans, a choisi une mini‑abdominoplastie 5 ans après sa deuxième césarienne, réalisée par un chirurgien plasticien à Bordeaux ; elle décrit la peur de  se refaire ouvrir le ventre ?, le soulagement d’un ventre redessiné et une amélioration nette de son estime de soi, malgré une nouvelle cicatrice légèrement plus longue.

  • Ces trajectoires illustrent la pluralité des réponses possibles : soins locaux, rééducation, médecine esthétique, chirurgie.
  • Aucun choix n’est meilleur en soi : la décision doit rester personnelle, informée, accompagnée.

Nous sommes convaincu?e?s que ces témoignages, relayés aussi sur des comptes de réseaux sociaux dédiés au post‑partum, participent à briser le tabou autour de la césarienne et permettent à chacune de se sentir moins seule face à son bourrelet.

Ressources et soutien pour les femmes concernées #

Pour ne pas rester isolée face à un bourrelet de cicatrice césarienne, plusieurs ressources existent. Sur le plan médical, les interlocuteurs privilégiés sont le gynécologue‑obstétricien, la sage‑femme libérale, le kinésithérapeute spécialisé en post‑partum, le dermatologue et, si besoin, le chirurgien plasticien. Sur le plan associatif, des structures comme Césarine ou des collectifs de patientes en périnatalité organisent des groupes de parole et des échanges en ligne. Certains hôpitaux universitaires, comme l’AP‑HP à Paris, proposent des ateliers d’éducation thérapeutique autour de la césarienne.

De nombreux sites et blogs sérieux, animés par des sages‑femmes ou des médecins, apportent des informations fiables sur la cicatrisation, la rééducation et les options chirurgicales. Les guides pratiques publiés par des maisons d’édition médicales françaises depuis 2019 intègrent désormais des chapitres entiers sur la césarienne et ses suites esthétiques. Nous recommandons de privilégier les contenus associés à des institutions de santé reconnues, à des sociétés savantes (comme la SOFCPRE ou le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français – CNGOF) et d’éviter les promesses  miracles ? de crèmes ou de compléments sans base scientifique.

  • Consulter des professionnels formés pour obtenir un avis personnalisé et un plan de prise en charge.
  • Rejoindre des groupes de soutien modérés par des soignants ou des associations reconnues.
  • Vérifier la crédibilité médicale des informations lues en ligne, surtout pour les traitements  révolutionnaires ?.

Nous encourageons chaque femme à parler de son bourrelet de césarienne sans honte, à poser des questions en consultation, et à s’entourer de personnes et de professionnels qui reconnaissent la légitimité de ce sujet, à la fois intime et très concret.

Conclusion : retrouver confiance en soi avec ou sans bourrelet de cicatrice césarienne #

Le bourrelet de cicatrice césarienne résulte d’un enchevêtrement de facteurs – cicatrisation, adhérences, répartition des graisses, génétique, variations pondérales – et touche un nombre considérable de femmes à travers le monde. Nous savons aujourd’hui qu’il peut, dans de nombreux cas, être amélioré grâce à une combinaison de soins précoces, de massages et mobilisations tissulaires, d’activité physique adaptée, d’alimentation équilibrée, et, lorsque nécessaire, de médecine esthétique ou de chirurgie reconstructrice.

Chaque corps, chaque grossesse, chaque cicatrice suit un rythme propre. Rechercher un meilleur confort physique, une silhouette plus harmonieuse ou une cicatrice moins visible n’a rien de superficiel, surtout quand ces démarches s’inscrivent dans une quête de bien‑être global. Nous défendons une vision où la césarienne, loin de réduire une femme à sa cicatrice ou à son bourrelet, devient aussi le témoignage d’un événement majeur de sa vie, que l’on a le droit d’apprivoiser, de transformer, ou simplement d’accepter, avec l’aide de professionnels compétents et de proches bienveillants.

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